Comment était perçue l’ANP par les spécialistes de Défense français en 2013 ,cet article nous présente un état des lieux tel qu’il apparaissait à travers les contrats signés à l’époque où les prospection effectuées par l’Algerie sur les marchés internationaux des armements ,avec un recul de 7 années on voit Aujourd’hui ce qui a été accompli et ce qui a été mis aux oubliettes .
POLITIQUE D’ACHAT D’ARMEMENTS
Toujours confrontées à la menace d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et des autres groupes de l’extrémisme violents, les forces armées algériennes ont du repenser leur politique d’acquisition d’armements selon quatre axes.
Le partenariat stratégique avec la Russie. Malgré le nombre croissant d’entreprise étrangères engagées dans l’industrie de défense algérienne, la Russie reste toutefois le partenaire principal de l’Algérie. En effet, l’Algérie est le 8e acheteur mondial d’armement russe et représente pour la Russie 13% de ses ventes d’armes[21].
Parmi les récents accords entre les deux pays, citons:
la vente de 44 avions de chasse Su-30MKA, de 2 sous-marins Project-636, 3 S-300PMU-2 (SA-20B) systèmes de missiles surface-air de longue portée (SAM), de cent 85 chars T-90S, ainsi que des systèmes de défense aérienne de type S-300 PMU2;
en 2011, un contrat avec United Shipbuilding Corporation et Rosoboronexport a été passé pour la livraison de 2 corvettes de classe Tiger;
en 2012, 36 avions de chasse Strike Yak 130 ont été commandés mais non encore livrés[22].
La diversification des fournisseurs. La Russie a certes traditionnellement dominé l’acquisition d’équipements conventionnels, mais l’ouverture du marché algérien à d’autres fournisseurs est appelée à se poursuivre, soit à travers des partenariats, soit à travers des joint-ventures avec les entreprises d’Etat algériennes.
En termes d’acquisitions directes, depuis quelques années, l’Algérie a également diversifié les sources de matériel militaire et entamé la mise à niveau de ses forces armées par l’achat de nouveaux systèmes d’armes :
avec les Etats-Unis : véhicules tout terrain, un système de surveillance radar des frontières de chez Northrop Grumman, 8 avions de transport Lockheed C-130, et un système de contrôle aérien de communication de chez Harris. Les services de renseignements américains envisagent également de fournir à l’Algérie un satellite d’observation militaire de chez Exelis (ITT Corporation), pour contrôler les activités des groupes terroristes au Sahel[23];
avec l’Allemagne: deux frégates ThyssenKrupp Marine Systems, six hélicoptères anti-sous-marins Agusta Westland (mars 2012) et 54 véhicules militaires Fuchs. Le contrat comprend la formation des officiers algériens par la marine allemande (2013-2017), ainsi que la fourniture d’équipements électroniques aux gardes-côtes.
avec l’Italie: en 2011, l’Algérie a passé commande d’une plateforme navale de débarquement à Horizon Naval Systemi Navali (une joint-venture entre Fincantieri et Selex Sistemi Integrati) pour le transport des troupes et des véhicules, équipée d’une péniche de débarquement avec bassin et pont d’atterrissage pour les hélicoptères. Dans le domaine du soutien civil, l’acquisition de remorqueurs de sauvetage en haute mer va permettre pour la première fois à un pays africain d’épauler les opérateurs économiques et commerciaux en Méditerranée occidentale. La modernisation de la flotte vise à renforcer la surveillance de l’espace maritime algérien (en particulier les migrations illégales), la protection des côtes (1 600 km), et à concurrencer le développement de la marine marocaine.
avec la Suède : en vue du remplacement de 34 Mig-29, le ministère de la Défense est en pourparlers avec le fabriquant d’avions de combat Gripen. C’est Saab Bofors Dynamics qui a par ailleurs équipé les 2 frégates allemandes de missiles anti-navires ;
avec l’Espagne: la rénovation et l’armement de 2 vieilles frégates par Navantia est en cours;
avec la Chine: acquisition de 3 frégates F-22A.
La mise en place d’une politique d’accords de compensation (Offset Agreements) en matière de défense, capable d’attirer des compagnies internationales afin d’augmenter les capacités intérieures de fabrication de matériels d’armement. Dans cette perspective, le pays a entamé des pourparlers avec le Directorat du Conseil de coopération du Golfe avec lequel il souhaite établir des programmes de compensation formalisés.
Cependant, les politiques de compensation, en particulier en matière de défense, sont réputées présenter un risque élevé de corruption politique dans les pays où elle est déjà monnaie courante, et où l’industrie de défense se caractérise par l’absence de transparence des appels d’offre. Bien que la loi de prévention de la corruption de 2006 appelle à évaluer les dépenses engagées dans les accords de compensation, aucun élément ne permet de certifier que celles-ci sont effectivement contrôlées.
Compte-tenu du montant particulièrement élevé des transferts financiers en jeu dans les accords de compensation, la confidentialité et l’opacité qui entourent l’allocation et les dépenses des budgets de défense exacerbent fortement les risques de corruption. L’influence notable des hauts gradés de la défense et du secteur de la sécurité empêche tout examen des transactions. De même, la mainmise des militaires sur de nombreuses entreprises commerciales privées, bloque toute possibilité de vérification et de transparence.
L’Organisme national de prévention et de lutte contre la corruption, et l’inspection générale des finances sont tous deux trop faibles pour assumer cette responsabilité. Aucune institution anti-corruption n’est en mesure de cibler spécifiquement le secteur de la défense, et l’institution suprême d’audit national n’a que des attributions limitées pour pouvoir prétendre à un audit des institutions de défense.
La priorité aux transferts de technologie, pour l’acquisition d’équipements plus adaptés aux nouvelles missions des forces de sécurité, comme par exemple les systèmes de surveillance électronique des frontières. L’Algérie est ainsi appelée à acquérir des systèmes C4ISR, de nouveaux drones d’attaque UAV (Unmanned Aerial Vehicles[24]), de l’équipement de surveillance au sol, des sous-marins, des navires amphibies, des infrastructures d’arsenaux navals, des avions de chasse et les systèmes associés, des véhicules blindés et des hélicoptères de combat[25].
Fin 2012, l’Algérie a déjà lancé un appel d’offre pour l’acquisition, le développement et la mise en activité d’un système de surveillance sophistiqué de ses frontières. Cette acquisition qui avait déjà été planifiée en 2006 pour améliorer la surveillance des routes transsahariennes puis abandonnée, est aujourd’hui devenue une priorité du gouvernement algérien après la prise de contrôle du Nord-Mali par les groupes islamistes, et l’insurrection armée et l’instabilité politique en Libye.
Le ministre de la Défense a récemment reçu les représentants de plusieurs sociétés étrangères spécialisées dans les systèmes de surveillance et de contrôle, dans la perspective de conclure un contrat qui pourrait se monter à 1,5 milliards de dollars. En novembre 2012, des unités de l’ANP avaient préventivement entamé la construction d’une clôture électrique de 50 kilomètres à proximité de la ville de Bordj Badji Mokhtar, non loin de la frontière avec le Mali[26].
Après la crise malienne et la prise d’otages de In Amenas, l’ambassadeur américain à Alger et ses homologues du contre-terrorisme avaient proposé à l’Algérie de partager les renseignements obtenus grâce à leurs drones pour aider les autorités algériennes à capturer les combattants armés dans les zones transfrontalières, et faciliter la sécurisation des frontières, à condition d’ouvrir leur espace aérien aux vols américains le long de la frontière avec le Mali. Durant le siège du site gazier de Tiguentourine (In Amenas), l’Algérie avait autorisé le survol du site par les drones Predator américains, mais insisté pour que ceux-ci rentrent sur leur base (Niger) une fois l’assaut terminé[27].
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La guerre civile (1992-2000) a absorbé énormément de ressources au point que la modernisation des forces armées algériennes s’en est trouvée ralentie, voir freinée. C’est pourquoi, la supériorité militaire de l’Algérie par rapport à ses voisins n’est pas forcément synonyme de qualité des matériels et des compétences. Des améliorations et des mises à niveau sont encore à entreprendre en matière d’entraînement et de préparation à la guerre asymétrique (contre les groupes terroristes et criminels), ainsi que dans les domaines logistique et de soutien des forces.
Aujourd’hui, l’Algérie est consciente que la persistance de l’instabilité régionale et la nature changeante de la menace exigent de porter son effort sur l’entraînement des forces (entre autres les unités auxiliaires civiles), de mettre à niveau ses forces conventionnelles et de mettre en adéquation leur capacités opérationnelles avec l’usage d’équipements sophistiqués et la conduite des futures missions. Désormais, renforcer la flexibilité, la mobilité et le déploiement rapide lors des opérations de contre-terrorisme, est devenu la principale priorité de la doctrine de défense de l’Algérie. Les autorités ont donc été amenées à faire preuve d’un plus grand pragmatisme dans leur stratégie d’acquisition d’armements, en diversifiant les fournisseurs, et en ciblant des matériels et des systèmes technologiques de pointe.