La France près d'acheter des drones américains
Le ministre de la Défense semble s'acheminer vers un achat d'un drone américain. Il estime qu'il "n'y a pas actuellement d'offre nationale ou européenne disponible sur le marché en matière de drones".
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, semble s'acheminer vers un achat d'un drone américain, ce qui serait dans son esprit une solution intérimaire. "Il n’y a pas actuellement d’offre nationale ou européenne disponible sur le marché en matière de drones. Il faut faire des choix et préparer des alternatives, avec des perspectives européennes", a-t-il expliqué aux députés de la commission de la défense. Jean-Yves Le Drian prépare visiblement les esprits à un achat sur étagère de drones américains.
Le ministre avait annoncé le 30 mai une remise à plat le dossier du drone de surveillance intérimaire Male (Moyenne Altitude, Longue Endurance) "sans pression mais avec pragmatisme". "Je vais faire vite", avait-il promis, une décision sera prise "avant le 14 juillet". Pas sûr qu'il annonce publiquement son choix avant sa visite à Londres prévue le 24 juillet où le dossier drone sera évoqué. D'ailleurs, il a expliqué aux députés qu'il serait "amené à prendre une décision avant la fin du mois de juillet".
Du retard dans les drones Male
"Nous avons pris du retard. Il faut que nous ayons une maîtrise capacitaire en matière de drones. Si nous ne l’avons pas, nous nous privons d’un outil militaire important – on le voit au Sahel –, mais également d’une avancée technologique et industrielle", a-t-il expliqué. Sur le terrain c'est le Predator américain, aux capacités largement éprouvées, qui ferait rêver les militaires, mais en guise de solution d'attente, le ministre pourrait aussi confier à EADS une adaptation des MQ-9 Reaper de l'américain General Atomics, très appréciés par l'armée de l'air.
L’été dernier, Dassault Aviation avait choisi par le prédécesseur de Jean-Yves Le Drian, Gérard Longuet. Il l'avait emporté sur son grand rival, le groupe européen EADS, qui proposait le drone Talarion. Gérard Longuet avait alors décidé d'entrer en négociations avec l’avionneur, qui proposait la francisation d'une plateforme israélienne Heron TP, rebaptisée promptement Voltigeur au salon Eurosatory, en vue de remplacer les drones Harfang (plateforme israélienne) fabriqués par EADS et en bout de vie. Le constructeur tricolore, qui attendait la notification de ce contrat, espèrait vendre trois systèmes de trois ou quatre unités chacun à la France.
http://www.latribune.fr/entreprises-fin ... cains.html
EDIT: un nouvel article sur le même sujet:
La France envisage à nouveau d'acheter des drones américains Predator
Le premier contrat d'armement du nouveau pouvoir socialiste sera-t-il un achat auprès de l'industrie américaine ? Selon nos sources, "on va acheter des Prédators" dit-on aujourd'hui dans l'entourage du ministre de la Défense. Une décision qui serait difficile à justifier en période de "redressement productif" et de réduction de crédits. Si elle est prise, elle devrait faire l'objet de tout un habillage politico-médiatique. Officiellement, aucune position n'a été arrêtée et le ministre de la défense, lors de sa nomination, avait indiqué vouloir tout remettre à plat. Nous y sommes.
L'affaire pourrait se jouer en trois temps :
1) La prolongation de l'actuel système de drone Male (Moyenne altitude longue endurance) Harfang de l'armée de l'air, dont le contrat de maintenance, avec EADS, arrive à son terme courant 2013. Le Harfang, qui a été engagé en Afghanistan et en Libye, est un système en voie d'obscolescence rapide... Mais c'est le seul que possède l'armée de l'air, au nombre de quatre. Sauf à renoncer totalement à cette capacité, jugée stratégique, il va donc falloir faire encore avec lui...
2) A plus long terme, l'idée de construire un drone (classe 4 tonnes) européen n'est pas entièrement enterrée. Un accord avait été signé entre la France et le Royaune-Uni, impliquant Dassault-Aviation et BAe pour la production du Telemos, à l'horizon 2020. De nouveaux accords devaient être conclus lors du Salon aéronautique de Farnborough, début juillet, mais l'affaire a été repoussée à la demande de Paris. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian doit se rendre à Londres le 24 juillet et les drones seront au menu des conversations.
Le ministère de la Défense fait l'objet de fortes pressions de la part d'EADS (où l'on compte de nombreux réseaux proches des socialistes) pour ne pas être exclus de ce programme, confié pour la partie française à Dassault. Cela pourrait également signifié le retour de l'Allemagne dans le duopole franco-britannique qui n'a guère les faveurs de l'Elysée. Quelle que soient les décisions prises sur le Télémos, il ne sera pas en service avant au moins dix ans. Il faut donc un programme intermédiaire.
3) On pensait avoir trouvé la solution l'été dernier avec la décision de franciser, chez Dassault, le drone israélien Heron TP sous le nom de Voltigeur. Ce choix israélien n'était pas nouveau puisque les deux modèles précédents achetés pour l'armée de l'air (Hunter et Harfang) étaient de conception israélienne. Mais la décision du ministre Gérard Longuet a été combattue vivement par EADS (toujours sa rivalité avec Dassault) et par les militaires (EMA et Armée de l'air) qui ne juraient que par l'achat sur étagère du drone américain Predator B (Reaper).
Celui-ci pourrait faire son grand retour, officiellement comme solution transitoire. Deux pays européens en sont déjà équipés : le Royaume-Uni et l'Italie. Une forme de "mutualisation" pourrait même être évoquée. En mars 2011, l'hypothèse de co-localiser le futur escadron français de drones Reaper avec celui des Britanniques avait déjà été évoquée. Mais les Britanniques sont complètement intégrés au dispostif américain de l'US Air Force a tel point que l'unité qui les met en oeuvre, le 39 Squadron de la RAF est installé sur la base de Creech... au Nevada ! A l'époque, l'idée avancée par l'Armée de l'air était d'installer l'escadron français outre-atlantique, notamment pour bénéficier de la couverture satellitaire et d'une plus grande facilité de circulation aérienne ! Pas sûr que l'idée soit encore à la mode.
Pas plus d'ailleurs que celle d'armer les drones. Dans certains cercles du pouvoir socialiste, on semble aujourd'hui réticent à équiper les drones de missiles ou de bombes, comme le sont ceux des Américains. Pas politiquement correct ! Comme s'il y avait une différence entre recevoir une bombe larguée d'un avion piloté à bord ou piloté depuis le sol. Mais les campagnes des ONG contre la politique d'Obama ont trouvé des oreilles attentives à gauche...
Les drones semblent être un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire en matière d'industrie de défense. Un proche du ministre en convient : "l'appareil militaro-industriel a massacré les drones" depuis une quinzaine d'années, constate-t-il, sans trop se pencher sur la responsabilité des politiques, droite et gauce confondus. Mais on semble bien parti pour écrire un nouvel épisode de cette saga lamentable. Le marché mondial reste dominé par les Américains et les Israéliens. Et les forces françaises ne savent pas quels drones - que tout le monde juge aujourd'hui indispensables - elles auront dans trois ans. Sacrée réussite !
http://www.marianne2.fr/blogsecretdefen ... _a703.html
"It's better to stand and fight. If you run away, you'll only die tired"
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