Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/1958

De l'époque numide aux temps modernes.
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numidia
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Sakiet Sidi Youssef [08 février 1958]

Message par numidia » 31 mars 2012, 01:45

Le bombardement de Sakiet Sidi Youcef 08 Fevrier 1958

Alors que la guerre d'Algérie fait rage, l'armée française subit régulièrement des pertes considérables à travers l’ensemble du territoire national, villes, villages, montagnes et rivières. La situation devient de plus en plus critique. Le danger par tout, il vient même des autres cotés des frontières (Tunisie et Maroc). Ces zones frontalières devenues une véritable base arrière des résistants, apporte en effet son soutien logistique et matériel. (Transit des armes, hébergement et soin des troupes de l'Armée de libération nationale). En mois de février1958, le commandement de l'armée française en Algérie décide d’éradiquer cette menace incessible d’une rébellion bien structurée et déterminée.

Le village de Sakiet Sidi Youcef
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1- SITUATION DE SAKIET SIDI YOUCEF


Le village de Sakiet Sidi Youcef est situé aux frontières algéro-tunisiennes, sur la route menant de Souk Ahras (Algérie) à la ville d’El Kef (Tunisie). Il est très proche de la ville algérienne de Lehdada, rattachée administrativement à la wilaya de Souk Ahras. Il constituait, de ce fait, une zone stratégique pour les unités de l’Armée de Libération Nationale basées aux frontières Est et une base arrière pour accueillir et soigner les mutilés de guerre.

Frontières Algero-Tunisiennes
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2- LES PROVOCATIONS AYANT PRECEDE L’AGRESSION
Le bombardement fut précédé de plusieurs provocations françaises sur le village, du fait qu'il constituait un point d'accueil pour les blessés et mutilés de la lutte de libération. La première provocation eut lieu en 1957, lorsque Sakiet Sidi Youcef fit l'objet d'une agression française après la promulgation par la France, le 1er septembre 1957, d'une décision ordonnant de poursuivre les révolutionnaires algériens à l'intérieur du territoire tunisien. Puis le village fut victime d'une deuxième agression le 30 janvier 1958 après qu'un avion français ait essuyé des tirs de l'ALN. Les agressions furent couronnées par le raid sauvage qui eut lieu le 08/02/1958, soit un jour seulement après la visite effectuée par Robert Lacoste dans l'Est algérien.

Poste de garde de la frontière
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Cette énième agression de l’armée coloniale confirme les multiples méthodes machiavéliques employées depuis le débarquement à Sidi Fredj en 1830.Tout les moyens sont bon d’exterminer, brûler, arrêter, même exiler, rien n’empêche la détermination du peuple algérien et ces combattants de voir un jour le bourgeon de la liberté fleurir d’une terre longtemps arrosée des sangs et des sueurs.
Quatre soldats de la troisième section et du "commando" de la 12ème compagnie du 3/23ème RI, partirent en opération y perdirent la vie, au fort de Sakiet situé dans le No Man’s Land entre la Ligne Morice et la frontière tunisienne, Ils tombèrent dans un guet-apens tendu par les forces de l’armée de libération dont les pertes furent considérables. Les forces coloniales ont décidé d’intervenir auprès des autorités tunisiennes pour pourchasser la rébellion qui sème la terreur dans cette zone frontalière.


La scène de carnage de sakiet sidi
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3- L'AGRESSION ET SES CONSEQUENCES
Samedi 8 février 1958, 9 h 30 du matin, Sakiet Sidi - Youcef, une paisible petite bourgade située à la frontière algéro-tunisienne grouillait de monde, en ce jour férié, qui était également jour de marché au cours duquel sont distribuées les aides aux réfugiés algériens par le Croissant Rouge Algérien et la Croix Rouge internationale., chacun vaquait à ses occupations. En espace de quelques minutes, tout bascula dans l’horreur, un vacarme assourdissant, des explosions...
La scène de carnage de sakiet sidi youcef Onze (11) bombardiers (B26), Douze (12) chasseurs, deux (2) transporteurs français. Vingt cinq (25) au totale viennent de passer à l’action. Le commandement des forces aériennes françaises donne l'ordre de mener ce raid. Il n’y avait plus que mort et désolation du sang partout, des colonnes de fumées, maisonnettes, école et locaux administratifs effondrés, Des lambeaux de chair humaine calcinés, enfouis sous les décombres, la presse internationale avait comptabilisé, à l’époque, 79 morts dont 11 femmes et 20 enfants et plus de 130 blessés, parallèlement à la destruction totale des différentes infrastructures vitales du village. Ce haut fait d’armes était “l’œuvre” de l’aviation française qui avait semé la barbarie et l’horreur par la voie aérienne. Ce jour là, les algériens et les tunisiens s’étaient unis dans la douleur et avaient pris conscience de leur sort commun, les relations et la solidarité entre les deux peuples s’était renforcée, désormais, ils ne faisaient plus qu’un seul homme.
Cette agression avait pour objectif de porter un coup au soutien de l’opinion internationale à la Révolution algérienne. Les autorités françaises tentèrent de justifier leur agression sous couvert de l'autodéfense, arguant du fait que seules les zones militaires étaient visées.

Pour sa part, le Front de Libération Nationale a exprimé sa solidarité avec le peuple tunisien et le CCE adressa un télégramme de condoléances au peuple tunisien, exprimant sa disponibilité à joindre ses troupes aux côtés des troupes tunisiennes pour faire face à l'agression française.

4- LES REFUGIES ALGERIENS

L'afflux des réfugiés algériens en grand nombre vers la Tunisie et le Maroc a commencé en raison de la politique de massacres collectifs que les Algériens ont fuit après que leurs villages, hameaux et douars furent l'objet de destruction totale.

L'arrivée massive et régulière des réfugiés avait mis ces deux pays dans l'incapacité de les accueillir.

Ainsi en 1956, le nombre de réfugiés avait atteint 40 mille. En début de l'automne 1957 ce nombre est passé à 100 mille, en raison de l'accroissement des opérations militaires menées par l'armée française. Une année plus tard, leur nombre passait à 180 mille.

Durant la lutte de libération (1954-1962), le nombre de réfugiés algériens en Tunisie et au Maroc avait atteint 200 mille entre vieillards, femmes, enfants et mutilés de guerre.

Ce carnage a divulgué le vrai visage du colon à l’opinion internationale, Indochine ou Algérie, la machine à tuer ne cesse d’impliqué les peuple dans des conflits à long terme. D’autre part les algériens ont su que l’unité et la mobilisation générale derrière l’Armée de Libération est une obligation primordiale pour arracher leur liberté longtemps bafouée.

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Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/1958

Message par scorpion-rouge35 » 22 avril 2012, 21:14

Algérie-Tunisie : Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef (08 février 1958)

Histoire commune Algero-tunisienne le Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef en Tunisie le 08 février 1958 par l'armée coloniale Française reste le symbole fort du soutien et du prix du sang payé par les Tunisiens pour la guerre de libration Algérienne .

ALLAH YARHAM EL CHOUHADA :hadarat:

Dossier Revue el djeiche février 2008 :

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Commémoration du 50e anniversaire du bombardement du village tunisien de Sakiet Sidi Youssef

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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par scorpion-rouge35 » 22 avril 2012, 21:25

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monument commémoratif des victimes du bombardement du 8 fevrier 1958 coté tunisien (sakiat sidi youcef)

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réactions de la rue tunisienne
documents français archives INA
http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/ ... ef.fr.html

interview de Habib Bourguiba:

documents français archives INA
http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/ ... ln.fr.html

interviews du porteur de valises Francis Jeanson, et de objecteurs de conscience et d'opposant à la guerre d'Algérie (côté français). émission de 1989, tv française avec
participants:
Jeanson, Francis ; Alleg, Henri ; Davezies, Robert ; Cuenat, Hélène ; Liechti, Alban
http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/ ... ce.fr.html

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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par tchpako » 06 février 2013, 15:12

Le bombardement de Sakiet Sidi Youssef dans la presse

Par Boualem TOUARIGT
Publié le 27 Jan 2013
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La presse colonialiste française d’Alger qui exprimait la position des ultras et soutenait les arguments du commandement militaire s’est déchaînée contre la Tunisie dès le 11 janvier 1958, après la bataille du djebel Ouasta. Elle rendait ce pays responsable des pertes subies (officiellement onze soldats tués) et surtout des quatre soldats faits prisonniers par l’ALN. Elle réclamait une riposte.
L’Echo d’Alger du 10 février 1958 justifiait le bombardement : « Venant après une série d’incidents qui étaient autant de preuves de la contribution tunisienne à la guerre subversive engagée par le FLN, l’agression du 11 janvier dernier à Sakiet Sidi Youssef constituait un acte de belligérance caractérisée… cela appelait une riposte immédiate… Les Français et tous ceux qui ont le souci de la dignité de la France en éprouvent une sorte de soulagement.» Le lendemain de la bataille du 11 janvier, il écrivait : « Une patrouille française attaquée par 400 fellaghas : 12 tués et 5 disparus emmenés en Tunisie. » Il précisait qu’on avait vu « une camionnette bleue de la garde nationale tunisienne, une ambulance et trois autres camionnettes qui attendaient à la frontière. » Le 14 janvier, il confirmait : « C’est bien la garde nationale tunisienne qui a transporté les rebelles sur les lieux de l’embuscade de Sakiet » et poussait le gouvernement à des positions fermes contre la Tunisie dans un éditorial intitulé « l’abcès tunisien » : « C’est par dizaines de milliers que les armes en provenance du Caire et de la Libye rejoignent les centres d’instruction tunisiens où sont entraînés et soigneusement équipés les fellaghas algériens… La France doit cesser de traiter avec un personnage qui ne contrôle plus les actes de ses subordonnés. »
Le 15 janvier, il va plus loin dans ses accusations en publiant le témoignage du capitaine Allard qui faisait partie des troupes accrochées le 11 janvier: « Certaines positions de tir se trouvaient en territoire tunisien… Le deuxième groupe a été pris sous le tir d’un mortier qui venait d’un piton tunisien, le djebel Arben… Deux soldats français ont été vus, après l’embuscade traversant Sakiet Sidi Youssef à pied, les mains derrière le dos…Quant aux rebelles, après le décrochage, ils ont été ramenés par des véhicules de la garde nationale.»
Le 21 janvier, il rend compte de la déclaration que Jean de Preux, délégué de la Croix-Rouge internationale chargé d’enquêter sur le sort des quatre militaires français faits prisonniers par le FLN le 11 janvier dernier près de la frontière tunisienne, avait faite à l’AFP : «En l’état actuel des pourparlers, une solution pourrait être envisagée, mais il n’est pas encore possible d’en déterminer les modalités. J’espère que cette solution interviendra dans le courant de la semaine et, si tel est le cas, qu’elle favorisera les efforts déployés par le Comité international de la Croix-Rouge pour parvenir à un résultat positif. » Le journaliste précise que le FLN se déclare prêt à fournir à M. de Preux toutes les facilités pour lui permettre d’entrer en contact avec les quatre prisonniers et de constater qu’ils sont traités selon les règles de la convention de Genève. Il se fait alors le porte-parole de ceux qui considèrent que l’intervention de la Croix-Rouge est une humiliation et demandent des mesures énergiques contre la Tunisie rendue responsable. Dans l’édition du même jour, le journal publie un communiqué de deux groupes extrémistes français, le Front des combattants et le Front d’action nationale, qui considéraient l’opération du 11 janvier comme « le guet-apens tendu aux troupes françaises avec la complicité active de la garde nationale tunisienne, par les rebelles algériens basés en Tunisie », et qu’elle constituait « une nouvelle preuve de l’appui fourni par la Tunisie au FLN ».
Le 24 janvier, il donnait un large écho à une déclaration de Georges Bidault : « Si nous voulons garder l’Algérie, nous ne pouvons pas laisser se maintenir la politique que M. Bourguiba mène de gré ou de force à nos frontières. Le moment est venu de ne plus rien céder à l’ingratitude. » Le 25, il annonçait que Robert Lacoste avait reçu une pétition de plusieurs milliers de signatures réclamant la libération des quatre prisonniers du FLN « au besoin par des mesures énergiques ».
Après le bombardement meurtrier du village, il justifiait l’action de l’armée française comme un acte de légitime défense. Pour lui, les objectifs visés étaient militaires et il parla même de succès : « Le bombardement de la mine de Sakiet a causé la mort d’une centaine de rebelles. Les autorités tunisiennes ont fait procéder clandestinement à leur inhumation. »
Le 12 février, il reproduit une fois de plus les déclarations de Georges Bidault qui voit une collusion des forces tunisiennes et même des délégués de la Croix-Rouge : « La présence de la Croix-Rouge et celle des journalistes, le départ des fellaghas le jour même où l‘opération a été exécutée sont un exemple troublant. » Il justifie outre mesure la fronde à peine voilée de l’armée qui rend responsable le pouvoir politique de ses échecs. La déclaration du député Jean-Marie le Pen à l’Assemblée nationale trouve une large place: « Voilà d’où vient la mal vie de l’armée. Son drame dans la guerre d’Indochine est de ne pas avoir eu le soutien de la Nation. Et maintenant, des hommes dégradent ce moral en critiquant sans cesse le moral de l’armée. »
Le 14 février, L’Echo d’Alger s’en prend à l’attitude critique des alliés de la France dans l’alliance Atlantique : « L’attitude adoptée par nos alliés est donc rigoureusement contraire au droit international et au bon sens. »
Le quotidien français Le Monde adopte une attitude beaucoup moins tranchée. Le 15 février, il parle de « commentaires étrangers défavorables » et rapporte que « Washington et Londres expriment leur inquiétude ». Il constate que c’est un pas vers l’internationalisation quand il écrit : « La lecture des principaux organes de presse procure rarement une impression d’unanimité. C’est pour une fois ce qui se passe aujourd’hui. Il est fâcheux que cette unanimité se fasse dans le sens de la condamnation, et plus fâcheux encore que l’objet de cette condamnation soit la France. » Le même jour, il rend compte de la déclaration à l’Assemblée nationale de Christian Pineau, ministre des Affaires étrangères, qui affirme que « l’opération de Sakiet n’a pas été décidée par le gouvernement ».
Le quotidien français se fait l’écho des positions de la hiérarchie militaire en publiant le 14 janvier le résumé d’une lettre envoyée au journal Combat par le général Navarre, ancien commandant en chef en Indochine, qui imputait aux différents pouvoirs politiques les échecs subis. Le 6 février, Jacques Fauvet insistait sur l’attitude de l’armée française : « Son erreur est de croire avec de nombreux officiers que l’armée pouvait gagner outre mer des batailles qui étaient en réalité beaucoup plus politiques que militaires et le sont encore. » Le Monde reprit toutes les déclarations de Bourguiba et notamment celles contenues dans son entretien du 13 février où il exprimait ses positions pour une solution du problème algérien dans un contexte maghrébin et une semi-internationalisation dans le cadre de l’alliance Atlantique. Il se fit largement l’écho des déclarations du FLN et des délégués de la Croix-Rouge internationale sur la question des prisonniers français.
La presse occidentale fut très critique. Le lendemain du bombardement, Walter Lippmann écrivit dans Le New York Herald Tribune : « Cela concerne les Etats-Unis non seulement parce que les avions américains destinés à la défense collective de l’Europe occidentale ont été utilisés, mais parce que toute l’Afrique du Nord, qui nous intéresse spécialement, est menacée. Si quelque chose comme un état de guerre en Tunisie venait à se déclencher à cause d’incidents sur la frontière algérienne, il serait impossible pour les Etats-Unis de rester neutres et sans réaction. Nous ne pouvons d’une part fournir des armes dans le cadre de l’OTAN et des devises étrangères dans le cadre des accords financiers et, d’autre part, déclarer que la guerre en Afrique du Nord ne nous concerne pas. La guerre en Afrique non seulement peut s’étendre en Tunisie et au Maroc mais aussi en haute mer. Malgré les promesses officielles que la guerre d’Algérie est entrée dans sa dernière phase, la vérité est qu’on n’en voit pas la fin. C’est le genre de guerre que les armées modernes ne peuvent jamais gagner par une action militaire. C’est le genre de guerre qui ne peut être terminée seulement par des négociations politiques. Les Etats-Unis ne peuvent attendre davantage pour engager à promouvoir un règlement politique en Algérie. » On pouvait trouver ce commentaire dans le même journal : « C’est une catastrophe. Les efforts de gens courageux et patients pour résoudre les problèmes de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient sont rendus provisoirement sans effets. »
Pour le New York Times : « C’est une tragédie pour la cause de la liberté, de l’anti-nassérisme et de l’anticommunisme, car Moscou et Le Caire feront le maximum pour tirer avantage de ce qui est arrivé. »
Le Washington Post condamna le bombardement: « C’est un acte de pure folie… On peut l’expliquer mais on ne peut l’excuser. » Le 11 février, il est tout aussi sévère: « Il est ridicule de prétendre que sans l’intervention de Bourguiba, l’Algérie serait pacifiée aujourd’hui. Les Etats-Unis et les autres alliés de la France ne peuvent rester indifférents au pénible conflit d’Algérie qui n’est plus, s’il l’a jamais été, un conflit intérieur. » Pour le Daily Telegraph : « La conséquence de cette politique serait de jeter Bourguiba dans les bras de ceux qu’il s’est toujours efforcé de tenir à l’écart. »
La presse britannique est aussi d’une extrême sévérité. Pour le Times: « Le bombardement d’un village tunisien par des avions français constitue une sérieuse erreur de jugement qui est grosse de dangers. Et si, comme les Tunisiens l’affirment, des femmes et des enfants se trouvent parmi les victimes, il s’agit de quelque chose d’encore plus grave. » Le correspondant du Times à Paris mentionne qu’il revient lui-même d’un voyage en Tunisie et qu’il avait visité Sakiet il y a une quinzaine de jours. De source française, on lui aurait fait savoir que les rues de ce village fourmillaient d’Algériens en uniformes. Or, le correspondant du Times dit qu’il n’a rien trouvé qui puisse confirmer les allégations françaises, bien que les autorités tunisiennes l’aient encouragé à se rendre partout où il le désirait.
Le Manchester Guardian est particulièrement critique: « Un des aspects tragiques de l‘affaire est que les victimes de ce lamentable bombardement sont mortes par la faute d’une fausse théorie – celle qui affirme que (pour reprendre les termes employés par le ministre français de la Défense Jacques Chaban Delmas), les Français n’auraient plus désormais de problèmes en Algérie si la Tunisie n’aidait pas les rebelles… Mais l’Algérie continuerait à se révolter (et arriverait à gagner son indépendance à la fin) même si elle était une île comme Chypre, sans possibilités d’asile à proximité de ses frontières. »
L’Observer voit la question algérienne dans le cadre de l’Europe occidentale: « Il faut espérer que l’incident de Sakiet ouvrira les yeux aux Français mais la situation est devenue beaucoup trop grave pour que les autres puissances occidentales se tiennent à l’écart plus longtemps. Il faut entamer une nouvelle démarche auprès de la France pour l’inciter à voir l’Algérie sous un angle plus large en tant qu’élément du problème plus vaste des relations de l’Ouest et de l’Europe occidentale, en particulier avec le nouveau monde arabe. »
En Allemagne fédérale, Frankfuter Allgemeine parle des conséquences de cet acte sur l’alliance Atlantique: « en bombardant un village tunisien, l’aviation française a créé une terreur plus grande parmi les gouvernements alliés que parmi les rebelles algériens. »
La réaction est identique dans les pays de l’OTAN. Pour le norvégien Arbei Derbladet : « La France s’est créé de nombreux ennemis et a perdu des amitiés. »
Le journal belge La Cité parle de lourde faute:
« Les graves événements de Sakiet Sidi Youssef entraîneront certainement une désapprobation unanime de l’opinion internationale. On a pu croire un instant que l’opération de bombardement avait été décidée par un groupe de militaires sans responsabilité politique. Injustifiable sur le plan moral, le bombardement de Sakiet Sidi Youssef constitue de surcroît une lourde faute politique. »
Il en est de même de l’italien Il Tempo : « Nous ne pouvons que considérer l’initiative française comme une erreur politique qui va aggraver la tension en Afrique du Nord. Nous demandons que notre ministre des Affaires étrangères fasse entendre la voix de l’Italie car le problème algérien ne peut nous laisser froids et distants comme si nous n’étions pas un pays méditerranéen. »
Enfin La Suisse semble donner raison à la démarche de Bourguiba : « La rupture avec la France ne laisse plus à Bourguiba qu’une chance, l’appui des Etats-Unis. Washington pourra-t-il arrêter cette débâcle de l’Afrique du Nord ? »

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http://www.memoria.dz/jan-2013/dossier/ ... -la-presse
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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par AAF 2020 » 07 février 2013, 17:22

Les bombardements meurtriers de Sakiet Sidi-Youcef, un souvenir douloureux et encore vivace
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SOUK AHRAS - Le souvenir des bombardements meurtriers dont s’était rendue coupable la machine de guerre de la France coloniale, le 8 février 1958 à Sakiet Sidi Youcef, un paisible village tunisien près de la frontière algérienne, demeure vivace dans les mémoires des Algériens et des Tunisiens dont le sang s’était mêlé ce jour-là.

L’Histoire a fini par démontrer que ce massacre, dont le 55ème anniversaire sera commémoré vendredi, censé opérer une fracture entre les deux peuples voisins, avait cimenté leur solidarité et raffermi le soutien tunisien à la glorieuse Révolution de libération nationale.

Selon des habitants des communes de Heddada, de Lekhdara et de Sidi-Fredj, la localité de Sakiet Sidi Youcef, située sur la route reliant les villes algérienne de Souk Ahras et tunisienne du Kef, était surtout une base de repli pour soigner les blessés et les invalides du combat de libération nationale.

L’assaut aveugle et barbare de l’aviation française a été mené, selon certaines sources historiques, en représailles à la perte par l’armée d’occupation de 16 soldats et de l’emprisonnement de 4 autres lors de la bataille d’El Ouasta, près de Heddada, le 11 janvier 1958.

Le 8 février 1958 avait coïncidé avec la présence à Sakiet Sidi Youcef d’un grand nombre de réfugiés algériens arrivés pour recevoir une aide humanitaire du Croissant-Rouge tunisien et de la Croix rouge, soutient le président de l’Association des grands invalides de la guerre de libération nationale, le Moudjahid Tayeb Sedira.

Ce moudjahid qui souhaite voir les jeunes algériens s’intéresser davantage à l’histoire du combat libérateur de leur pays, affirme que les avions bombardiers et de chasse avaient réduit en ruine le village et poursuivi même les civils qui fuyaient.

De son côté, le président de l’association "Maâthir Ethaoura", Abdelhamid Aoudi, souligne que l’état-major de la base de l’Est avait alors donné à la France une "leçon de morale" en temps de guerre en réservant un traitement humain aux quatre soldats français faits prisonniers, au moment où les tortionnaires français avaient brisé les côtes de la moudjahida Djamila Bouhired et brûlé son corps.

M. Aoudi assure également que les bombardements sanglants de Sakiet Sidi Youcef ont constitué des représailles à la suite de la défaite de l’armée française au cours de la bataille d’El Ouasta. Cette action barbare était l’une des deux alternatives offertes à l’état-major français, selon M. Aoudi qui note que l’autre alternative était de lancer une campagne terrestre contre l’armée des frontières.
Pour ce témoin, le bilan de ce pilonnage a été particulièrement lourd car survenu pendant un jour de marché. Cent (100) civils y avaient péri dont 20 écoliers et 31 femmes, et 130 autres avaient été blessés.
Le siège de la Mou’tamadia, une école primaire, des bâtiments des douanes et de l’administration forestière ainsi que des équipements de la Croix-Rouge, 50 commerces et 100 habitations ont été ravagés au cours de ces bombardements.
Cette exaction avait été vivement condamnée, y compris par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, alliés historiques de la France, rappelle le président de l’association "Maâthir Ethaoura".
Il rappelle aussi que le représentant à Sakiet Sidi Youcef de la Croix-Rouge, qui se trouvait sur place au moment des faits, avait indiqué que des véhicules de cette organisation humanitaire, chargés d’effets vestimentaires, ont été la cible des bombardements français.
http://www.aps.dz/#fragment-84985

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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par scorpion-rouge35 » 10 février 2013, 09:47

article de forcesdz pour commémoré ce triste anniversaire :tunisie1: :algerie01:

http://www.forcesdz.com/portail/55eme-a ... i-youssef/
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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par BerrouLana » 08 février 2014, 11:46

Il ne faut pas oublier un 08 février 1958 où le sang algérien et tunisien se mélange sous un bombardement monstrueux de l'armée française, elle tue avec un sang froid une centaine de personnes, la plupart sont des enfants et des femmes. Comme si le massacre d'Oradour-sur-Glane était expliqué !

56 ans après et les blessures sont toujours là. Allah yarham échouhada.

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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par FULCRUM » 08 février 2014, 18:59

Allah yerham el chouhada
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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par scorpion-rouge35 » 09 février 2014, 13:13

c'est dans les moments difficile qu'on reconnait c'est vrais amis , Allah yerhamhoum.
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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par AAF 2020 » 07 février 2015, 19:30

Sakiet Sidi Youcef : la leçon du passé ayant forgé l’avenir commun des peuples algérien et tunisien (historien)

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SOUK AHRAS - Les évènements de Sakiet Sidi Youcef, dont le 57ème anniversaire sera commémoré dimanche par l’Algérie et la Tunisie, sont une des leçons du passé qui ont forgé l’avenir commun des deux peuples, a estimé samedi Abdelhamud Aouadi, historien.

M. Aouadi, également président de l’association ‘‘Ma’athir Ethaoura’’, a considéré dans un entretien à l’APS, que le 8 février 1958 est ‘‘une occasion pour insister sur la profondeur des relations entre les deux peuples frères et voisins’’ et ‘‘pour rendre hommage aux sacrifices du combat commun et au sang versé sur l’autel de la liberté’’.

Les citoyens et les moudjahidine de la wilaya de Souk Ahras, en particulier dans les communes frontalières de Lahdadda, d’Ouled Moumène et de Lakhdara refusent d’oublier les évènements de Sakiet Sidi Youcef, marqués par les exactions commises par la machine de guerre coloniale au motif du prétendu ‘‘droit de poursuite’’.

M. Aouadi a rappelé que le carnage de Sakiet Sidi Youcef a eu lieu après que la France coloniale eut décidé, après la mort de 16 de ses soldats et la mise hors de combat de quatre autres faits prisonniers lors de la bataille de Djebel Ouasta, le 11 janvier 1958, d’opérer des représailles en faisant abattre une pluie de bombes sur le paisible village de Sakiet Sidi Youcef.

Le 8 février 1958 était jour de marché à Sakiet Sidi Youcef. Des réfugiés y affluaient en nombre pour recevoir des aides du Croissant Rouge Algérien et de la Croix Rouge Internationale, et c’est pourquoi les pertes furent considérables.

La presse, s’appuyant sur le nombre de victimes (79 morts dont 11 femmes et 20 enfants, ainsi que 130 blessés) avait évoqué une boucherie horrible, tandis que la communauté internationale, émue, avait fermement condamné ces crimes ‘‘commis en présence du délégué de la Croix Rouge Internationale, arrivé à Sakiet Sidi Youcef à 10 h, ce matin-là, pour distribuer des aides’’, souligne encore le président de l’association ‘‘Ma’athir Ethaoura’’.

Il rappelle aussi que quatre camions chargés de vêtements de la Croix Rouge Suisse et du Croissant Rouge Tunisien furent détruits, ainsi que plusieurs infrastructures du village.

Pour sa part, l’historien Djamel Ouarti, de l’université Mohamed-Cherif Messaadia de Souk Ahras, Sakiet Sidi Youcef avait ‘‘fortement interpellé l’opinion publique arabe et internationale car toutes les agences de presse avaient montré les objectifs réels des bombardements de civils isolés dans une région non militarisée.

Cet universitaire a rappelé que les Etats-Unis d’Amérique avaient qualifié ces actes de ‘‘folie irresponsable’’, mais, dit-il, cela n’entama en rien le moral des révolutionnaires algériens. A l’époque, rappelle encore M. Ouarti, l’Union Soviétique avait estimé que les bombardements de Sakiet Sidi Youcef ne faisaient que traduire le désespoir du pouvoir français de venir à bout d’un

peuple en lutte pour sa liberté.
http://www.aps.dz/algerie/17625-sakiet- ... -historien

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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par BerrouLana » 09 février 2015, 00:43

Allah yarham Chouhada.

Gloire à nos martyres des deux côtés de la frontière. il ne faut surtout pas oublié que ce sang est un pacte éternel entre les deux nations pour l'éternité.

:tunisie1: :algerie01:
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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par tayeb » 09 février 2015, 20:33



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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/195

Message par tayeb » 10 février 2015, 22:35

Le bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef.



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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/1958

Message par AAF 2020 » 07 février 2018, 19:30

Sakiet Sidi Youcef : le MDN marque l’événement
A l’occasion de la célébration du 60ème anniversaire des évènements de Sakiet Sidi Youcef, et en hommage à nos valeureux martyrs, qui se sont sacrifiés corps et âmes, aux cotés de leurs frères tunisiens, à Sakiet Sidi Youcef, le ministère de la Défense nationale organise, les 7 et 08 février 2018, un riche programme d’activités commémoratives, au niveau du Musée Central de l’Armée/défunt Président Chadli Bendjedid/1ère RM.

Au nom du général de Corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général-major, Maddi Boualem, directeur de la Communication, de l’Information et de l’Orientation à l’état-major de l’Armée nationale populaire, a présidé l’ouverture officielle de cette manifestation historique en présence d’officiers de l’Armée nationale populaire, de l’attaché militaire naval et de l’air auprès de l’ambassade tunisienne, de moudjahidine et de nombreux élèves relevant des Ecoles de formation de l’Armée nationale populaire et des établissements du secteur de l’éducation nationale.

Dans une allocution prononcée à cette occasion, le directeur de la Communication, de l’Information et de l’Orientation a rappelé la qualité des liens historiques entre les deux pays, en soulignant que les évènements de Sakiet Sidi Youcef constituent une occasion pour revisiter cette période de combat héroïque commun entre les deux peuples frères, et durant laquelle les plus grandes actions de cohésion, de fraternité et de solidarité ont été réalisées. « Les événements de Sakiet Sidi Yousef demeurent une étape marquante et inoubliable comme un symbole de fraternité de liberté et de dignité, et le message pour lequel tant de sacrifices ont été consentis restera un lègue dans la préservation des vertus, des valeurs et des principes pour lesquels de braves hommes se sont sacrifiés en martyrs, traçant l’histoire d’une vie empreinte par le génie d’un peuple et la résistance d’une nation que l’histoire a gravé en lettres de feu et de lumière, devenant une référence aux futures générations pour illuminer leur chemin et avancer avec certitude sur la voie de nos valeureux martyrs … », a-t-il notamment souligné

Il convient de signaler que cette manifestation connaitra l’organisation de plusieurs activités importantes au niveau du Musée central de l’armée/défunt Président Chadli Bendjedid/1ère RM, comme l’organisation d’exposition photographique et l’animation de conférences par des professeurs et de chercheurs en histoire, et ce, en commémoration de ce grand évènement, représentant une occasion pour commémorer les valeurs et les principes de notre glorieuse guerre de libération et une date mémorable, à travers laquelle se consolide l’esprit d’appartenance nationale et se renforcent les liens de rapprochement et de fraternité entre les deux peuples frères, réunis par un passé commun, riche de victoires, d’héroïsme et de mémoire commune
http://www.sudhorizons.dz/fr/119-franca ... -evenement


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Re: Bombardement du Village de Sakiet Sidi Youssef 08/02/1958

Message par AAF 2020 » 09 février 2018, 19:35


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